BAISSE DES COURS DES MATIERES PREMIERES ET CONSEQUENCES SUR LES PAYS DE LA CEMAC

 Les pays de la zone CEMAC souffrent de manière structurelle d’un déficit de leurs balances commerciales. Cela est dû à leurs positions d’exportateurs de matières premières dans le commerce international et d’importateurs de produits manufacturés. A chaque baisse des cours de matières premières, les pays de la CEMAC doivent faire face à d’énormes difficultés.

Selon la publication « Africa’s pulse » d’avril 2016 de la Banque Mondiale, le cours du pétrole a chuté de 67% entre juin 2014 et décembre 2015. En outre en 2015, le cours de l’huile de soja a baissé de 14% ; le blé de 26% ; le coton de 30% ; le platine de 32% ; le sucre de 35% et le fer de 50%. L’effondrement des cours des matières premières a fortement dégradé les termes de l’échange d’environ 16% pour les pays exportateurs dont les pays de la CEMAC. Ces derniers, d’après le rapport du Fonds Monétaire International N°17/176 de juin 2017, ont vu leurs réserves internationales tomber à un niveau équivalent à 2,3 mois d’importation en décembre 2016.
Quelques faits marquent cette chute brutale des matières premières : l’indice des prix des 22 matières premières utilisées par l’industrie de Bloomberg a connu son niveau le plus bas en 2014 sur une période de 16 ans ; l’indice de référence du marché mondial des matières premières, le GLOBAL S&P 500 GSI Index a atteint en 2014 son niveau le plus bas depuis 2008 ; l’indice boursier CRB, reprenant l’ensemble des matières premières a atteint en 2015 son plus bas niveau sur une période de 10 ans.
 Cette baisse des cours des matières premières est due à : l’augmentation de la production agricole grâce aux bonnes conditions climatiques enregistrées entre 2014 et 2016 ; l’arrivée du pétrole de schiste américain qui a gonflé la production de l’or noir ; de gros investissements réalisés entre 2007 et 2014 pour ouvrir de nouveaux sites de production partout dans le monde (cuivre, pétrole, fer…) qui ont contribué à augmenter l’offre et le ralentissement de la croissance en Chine qui importe 45% des métaux industriels et consomme 60% du fer échangé sur la planète.
Suite au sommet extraordinaire des Chefs d’Etats de la CEMAC du 23 décembre 2016, le comité de pilotage du programme des réformes économiques et financières de la CEMAC (Pref-CEMAC) a arrêté une matrice d’actions qui constitue un cadre de référence à l’élaboration des programmes-pays que chaque Etat a négocié avec les Institutions de Bretton-Woods. Cette matrice d’actions repose sur cinq piliers :
- Politiques budgétaires ;
- Politique monétaire et système financier ;
- Réformes structurelles ;
- Intégration régionale ;
- Coopération internationale.
Certains programmes-pays ont déjà abouti à des accords de Facilités Elargies de Crédit avec le FMI : le Cameroun a reçu un accord de prêt de 666,2 millions de dollars ; le Gabon 642 millions de dollars et le Tchad 312,1 millions de dollars.
 Les principaux objectifs de la stratégie régionale comprennent :
 i) le rétablissement de la stabilité extérieure, tant au niveau régional que national ;
ii) le maintien de la parité fixe à son niveau actuel et l’accumulation de réserves nécessaires pour pouvoir la soutenir ;
iii) l’amélioration du climat des affaires dans l’intérêt de l’investissement du secteur privé et de la croissance ;
 iv) le renforcement du secteur financier et son approfondissement ;
 v) l’amélioration des dispositifs institutionnels et opérationnels régionaux pour renforcer les mécanismes régionaux de sauvegarde.
Vivement que cet ensemble de mesures soit rapidement mis en place pour éviter que la situation ne se dégrade un peu plus.

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